Audit énergétique obligatoire en vente : classes E, F, G

L’audit énergétique est obligatoire pour vendre une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G au DPE. Instauré par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, il s’applique aux classes F et G depuis le 1er avril 2023 et aux classes E depuis le 1er janvier 2025.
Qui est concerné par l’audit énergétique en 2026
Le périmètre de l’obligation repose sur deux critères cumulatifs, définis à l’article L126-28-1 du Code de la construction et de l’habitation. Si votre bien coche les deux cases, l’audit doit figurer au dossier de vente. S’il en manque une, vous en êtes dispensé.
Premier critère : le type de bien. Sont visées les maisons individuelles et les immeubles comportant plusieurs logements détenus par un seul propriétaire, ce que les textes appellent la monopropriété. Un appartement en copropriété échappe à l’obligation, quelle que soit sa classe énergétique. Cette exclusion surprend souvent les vendeurs toulousains d’appartements classés G : leur bien subit le gel des loyers et l’interdiction de location, mais pas l’audit à la vente.
Second critère : la classe du DPE. Le calendrier fixé par la loi Climat et Résilience est progressif et cumulatif :
- depuis le 1er avril 2023 : logements classés F ou G, les passoires thermiques ;
- depuis le 1er janvier 2025 : logements classés E ;
- à partir du 1er janvier 2034 : logements classés D.
Aucune nouvelle échéance ne tombe en 2026. Un vendeur de maison classée E en Occitanie est déjà dans le champ de l’obligation depuis dix-huit mois. Croire que la classe E « attend 2026 » est l’erreur la plus répandue, entretenue par des articles approximatifs publiés avant l’entrée en vigueur.
Le cas des ventes en cours
La date qui déclenche l’obligation est celle de la promesse de vente ou, à défaut, de l’acte authentique. Une maison classée E dont le compromis a été signé le 15 décembre 2024 échappait à l’audit. La même signature au 5 janvier 2025 l’exigeait. Le notaire vérifie ce point avant de convoquer les parties.
Audit énergétique et DPE : deux documents, deux fonctions
La confusion entre les deux documents est permanente, y compris chez certains agents immobiliers. Le DPE et l’audit ne se remplacent pas, ils s’empilent. Le premier déclenche le second.
Le DPE photographie la performance du logement : une étiquette de A à G, une estimation des consommations, quelques recommandations sommaires. C’est lui qui détermine si votre bien entre dans le champ de l’audit. Son fonctionnement détaillé est expliqué dans notre guide du diagnostic de performance énergétique.
L’audit énergétique réglementaire va beaucoup plus loin. Il dissèque le bâti pièce par pièce, chiffre les déperditions thermiques poste par poste, et surtout construit des parcours de travaux complets avec estimation des coûts et des aides mobilisables. Là où le DPE constate, l’audit prescrit.
Trois différences concrètes structurent la comparaison :
- la durée de validité : dix ans pour le DPE, cinq ans pour l’audit ;
- le niveau de détail : étiquette et recommandations génériques contre scénarios de travaux chiffrés étape par étape ;
- le déclencheur : le DPE est dû pour toute vente et toute location, l’audit seulement pour la vente des monopropriétés mal classées.
Un vendeur concerné fournit donc les deux documents. L’audit ne dispense jamais du DPE, et un DPE favorable dispense d’audit.
Ce que l’audit doit contenir : les scénarios de travaux
Le contenu est verrouillé par l’arrêté du 4 mai 2022, modifié par l’arrêté du 29 décembre 2023. Un audit qui ne respecte pas ce cahier des charges n’est pas conforme, et le notaire peut le refuser.
Le document présente d’abord un état des lieux complet : caractéristiques thermiques du bâti, équipements de chauffage, de ventilation, de production d’eau chaude, et un schéma de répartition des déperditions thermiques. Vous visualisez où votre maison perd sa chaleur, toiture, murs, planchers ou menuiseries.
Vient ensuite le cœur du dispositif : au moins deux scénarios de travaux. Le premier propose une rénovation en une seule étape. Le second échelonne le chantier en plusieurs étapes cohérentes. Chaque scénario doit viser à terme la classe B, ou la classe C pour les logements partant de F ou G lorsque la classe B est hors d’atteinte. La première étape d’un parcours doit faire gagner au moins deux classes et traiter deux postes d’isolation, selon les exigences de l’arrêté du 4 mai 2022.
Pour chaque scénario, l’auditeur fournit :
- l’estimation des économies d’énergie attendues ;
- l’ordre de grandeur du coût des travaux ;
- les aides publiques mobilisables, nationales et locales ;
- l’impact estimé sur la facture annuelle d’énergie.
Les textes prévoient une soupape : en cas d’obstacle technique, architectural ou patrimonial, ou de coût manifestement disproportionné, l’auditeur peut adapter la cible. Une maison de caractère du Lauragais aux murs en terre crue ne se traite pas comme un pavillon des années 70, et l’audit doit le documenter au lieu de plaquer un scénario standard.
Qui peut réaliser l’audit énergétique réglementaire
L’audit n’est pas ouvert à tous les professionnels du diagnostic. Le ministère de la Transition écologique liste quatre profils habilités pour les maisons individuelles :
- les bureaux d’études qualifiés en audit énergétique des logements ;
- les entreprises certifiées RGE offre globale ;
- les diagnostiqueurs immobiliers certifiés DPE avec mention, ayant suivi la formation audit ;
- les architectes inscrits à l’ordre et formés à cet exercice.
Pour les immeubles en monopropriété, le vivier se resserre : bureaux d’études et sociétés d’architecture qualifiés principalement. Le professionnel doit justifier d’une assurance couvrant cette mission et n’avoir aucun lien avec une entreprise susceptible de réaliser les travaux recommandés, condition d’impartialité posée par la réglementation.
En pratique, beaucoup de cabinets de diagnostic d’Occitanie ont ajouté l’audit à leur offre depuis 2023. Le réflexe utile : demander le numéro de certification avec mention et vérifier sa validité sur l’annuaire officiel des diagnostiqueurs du ministère. Les critères de sérieux sont proches de ceux détaillés dans notre guide pour choisir un diagnostiqueur immobilier à Toulouse.
Combien coûte un audit énergétique
Le tarif d’un audit énergétique obligatoire est libre, aucun barème d’État ne l’encadre. Les fourchettes constatées par le ministère de l’Économie et les comparateurs spécialisés s’étalent de 250 à 700 euros pour une maison courante, avec une moyenne autour de 350 à 500 euros TTC pour un pavillon de 100 m². Les biens atypiques, les grandes surfaces et les monopropriétés de plusieurs logements montent nettement plus haut, parfois au-delà de 1 000 euros.
Quatre facteurs font varier le devis :
- la surface habitable et la complexité du bâti (extensions, niveaux multiples) ;
- la localisation, les zones rurales éloignées facturant le déplacement ;
- le type de mission, une monopropriété de six logements exigeant plus de temps qu’une maison ;
- le profil du professionnel, un bureau d’études facturant généralement plus qu’un diagnostiqueur.
La charge revient au vendeur, comme l’ensemble du dossier de diagnostic technique. La règle et ses justifications sont détaillées dans notre article sur qui paye les diagnostics immobiliers. Astuce de calendrier : commander l’audit en même temps que le reste du dossier auprès d’un cabinet qui cumule les certifications réduit les frais de déplacement et évite une seconde visite.
Validité de 5 ans et moment de la remise
L’audit énergétique reste valable cinq ans, contre dix ans pour le DPE. Cette durée plus courte s’explique par la nature du document : les coûts de travaux et les dispositifs d’aides évoluent vite, un chiffrage de 2021 ne veut plus rien dire en 2026.
Attention au point de friction classique : l’audit s’appuie sur un DPE en cours de validité. Si votre DPE tombe en caducité pendant la commercialisation, l’audit qui s’y adosse perd sa base. Les règles de péremption, notamment les dates anticipées des DPE d’avant juillet 2021, sont récapitulées dans notre article sur la validité des diagnostics immobiliers.
La remise à l’acquéreur suit un calendrier précis :
- dès la première visite du bien, l’audit doit pouvoir être présenté au candidat acheteur ;
- au plus tard à la signature de la promesse de vente, il est annexé au dossier ;
- à l’acte authentique, le notaire en vérifie la présence et la conformité.
Ce séquencement change la stratégie du vendeur. Le DPE se commande avant l’annonce puisque l’étiquette doit y figurer. Si le résultat tombe en E, F ou G, l’audit doit suivre immédiatement pour être disponible dès les premières visites, pas au moment du compromis.
Ce que risque le vendeur sans audit
La loi n’a pas prévu d’amende spécifique pour l’absence d’audit. La sanction passe par le droit commun de la vente, et elle peut coûter bien plus cher qu’une contravention.
Sans audit annexé, le notaire refuse de recevoir l’acte tant que le document manque : la vente est bloquée. Si la vente se conclut malgré tout avec un audit absent ou non conforme, l’acquéreur dispose des recours pour défaut d’information : demande de dommages et intérêts, réduction du prix, voire annulation de la vente dans les cas les plus graves, sur le fondement du dol si la dissimulation est démontrée.
Le scénario le plus fréquent reste plus prosaïque : un compromis retardé de plusieurs semaines parce que l’audit a été oublié et que les auditeurs du secteur affichent des délais. Sur un marché où l’acheteur peut se rétracter, chaque semaine de flottement fragilise la transaction.
L’audit comme argument de vente, pas seulement comme contrainte
Les vendeurs vivent l’audit comme une dépense subie. Les plus avisés le retournent en outil de négociation. Le document chiffre précisément ce que l’acheteur redoute vaguement : le coût de la rénovation. Un flou de « 60 000 à 100 000 euros de travaux » dans la tête d’un acquéreur pèse plus lourd sur le prix qu’un scénario documenté à 42 000 euros, aides déduites.
L’audit liste aussi les aides mobilisables. En Occitanie, les dispositifs nationaux se cumulent avec les aides locales : l’acheteur d’une passoire découvre dans l’audit que son reste à charge réel est très inférieur au montant brut des travaux. Les dispositifs mobilisables dans la région sont détaillés dans notre panorama des aides à la rénovation énergétique en Occitanie.
Certains vendeurs vont plus loin et réalisent la première étape du scénario avant la mise en vente : un gain de deux classes sort parfois le bien de la catégorie passoire, améliore l’étiquette affichée sur l’annonce et supprime la décote. L’arbitrage se calcule au cas par cas, l’audit fournit justement les chiffres pour le faire.
Préparer la visite de l’auditeur
La qualité de l’audit dépend des informations que vous fournissez. Une visite se déroule en une à deux heures pour une maison, et chaque document manquant se traduit par des hypothèses par défaut, souvent défavorables.
Rassemblez avant le rendez-vous :
- le DPE en cours de validité, base de travail obligatoire de l’auditeur ;
- les factures de travaux déjà réalisés : isolation, menuiseries, chaudière, avec les caractéristiques techniques ;
- les plans du logement s’ils existent ;
- les factures d’énergie des dernières années ;
- les notices des équipements de chauffage et de ventilation.
Pensez aussi à rendre accessibles les combles, le vide sanitaire et la chaufferie. Un auditeur qui ne peut pas constater l’isolation de la toiture la considérera comme inconnue, et le scénario de travaux s’en ressentira.
Prochaine étape si votre maison vient d’être classée E, F ou G : commandez l’audit sans attendre la signature d’un compromis, vérifiez la certification avec mention du professionnel, et exigez les deux scénarios chiffrés avec les aides. Comptez une à trois semaines entre la commande et le rapport, à intégrer dans votre calendrier de mise en vente.