Diagnostic technique global copropriété : quand est-il dû ?

Le diagnostic technique global évalue l’état d’un immeuble en copropriété : parties communes, équipements collectifs, conformité réglementaire, performance énergétique et travaux à prévoir sur dix ans. Il n’est obligatoire que dans deux situations, la mise en copropriété d’un immeuble de plus de dix ans et l’injonction du maire ou du préfet.
Deux situations rendent le DTG obligatoire, pas une de plus
La confusion règne dans les assemblées générales, entretenue par des prestataires pressés de vendre une mission. La règle tient pourtant en une phrase. Selon la fiche Service Public consacrée au DTG, vérifiée le 30 juin 2025, la réalisation du diagnostic est obligatoire lors de la mise en copropriété d’un immeuble à usage d’habitation, total ou partiel, âgé de plus de dix ans.
Hors de ce cas, et hors injonction administrative, le diagnostic reste volontaire. Un vote d’assemblée générale suffit à le déclencher, rien ne l’impose.
La mise en copropriété, seul déclencheur automatique
L’obligation s’apprécie à la date de la division. Un immeuble réceptionné en 2014 puis divisé en lots privatifs en 2025 franchit le seuil des dix ans : le DTG accompagne l’opération. Le même immeuble découpé en 2022 y échappait.
Cette règle vise les opérations de découpe d’immeubles de rapport, courantes dans les centres anciens de Toulouse, Montpellier ou Nîmes. Le propriétaire unique qui transforme un immeuble locatif en lots produit le diagnostic au moment de la division, pas après la première vente.
Les copropriétés déjà constituées gardent la main
Pour un syndicat existant, aucune obligation ne s’impose, quel que soit l’âge du bâtiment ou la date de création de la copropriété. Le syndic peut inscrire la question à l’ordre du jour d’une assemblée générale, de sa propre initiative ou à la demande d’un ou plusieurs copropriétaires. L’assemblée tranche ensuite.
Ce point mérite d’être répété en réunion : une résidence audoise de 1968 sans DTG n’est pas en infraction, et le syndic qui laisse entendre le contraire force la main du conseil syndical.
L’injonction du maire ou du préfet
Troisième porte d’entrée, plus rare et nettement moins confortable. Le maire ou le préfet peut exiger du syndic la production d’un DTG pour vérifier l’état de bon usage et de sécurité des parties communes. Cette faculté ne concerne que les immeubles présentant des désordres :
- danger pour la santé des occupants ou des voisins ;
- dysfonctionnement ou absence d’entretien compromettant gravement les conditions d’habitation ;
- immeuble menaçant ruine, en péril imminent ou insalubre.
Le syndic dispose alors d’un mois à compter de la notification pour transmettre le document.

Ce que le rapport doit contenir, poste par poste
Les articles L731-1 à L731-5 du Code de la construction et de l’habitation fixent cinq volets, tous obligatoires :
- l’analyse de l’état apparent des parties communes et des équipements communs de l’immeuble ;
- l’état technique de l’immeuble et de ses équipements au regard des obligations légales et réglementaires au titre de la construction ;
- l’analyse des améliorations possibles de la gestion technique et patrimoniale du bâtiment ;
- le diagnostic de performance énergétique de l’immeuble ;
- l’évaluation sommaire du coût et la liste des travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble, à la préservation de la santé et de la sécurité des occupants et à la réalisation d’économies d’énergie.
Le cinquième volet porte la valeur réelle du document. Il précise les travaux nécessaires dans les dix prochaines années. Un rapport qui décrit l’existant sans chiffrer cet horizon décennal ne remplit pas sa fonction : vérifiez ce point avant de solder la facture.
Le volet énergétique intégré au diagnostic
Le DPE de l’immeuble fait partie du DTG, il n’est pas une option à commander séparément. Une copropriété qui vote un diagnostic global récupère donc l’étiquette énergétique de son bâtiment dans le même rapport. Le mode de calcul de cette étiquette et ses conséquences sur la valeur des lots sont détaillés dans notre guide du diagnostic de performance énergétique.
Une évaluation sommaire, pas un devis
Le texte parle d’évaluation sommaire. Le chiffrage donne un ordre de grandeur destiné aux arbitrages, jamais un montant opposable aux entreprises. Les copropriétaires qui s’étonnent d’un écart entre le DTG et les devis reçus deux ans plus tard confondent les deux exercices.
DTG, DPE collectif et plan pluriannuel : trois documents, trois logiques
Ces trois obligations arrivent souvent ensemble à l’ordre du jour, ce qui brouille les repères. Leurs périmètres et leurs échéances restent pourtant distincts.
| Document | Qui est concerné | Échéance | Renouvellement |
|---|---|---|---|
| Diagnostic technique global | Immeuble de plus de 10 ans mis en copropriété, ou injonction du maire ou du préfet | Applicable à la date de mise en copropriété | Aucune périodicité imposée |
| DPE collectif | Habitat collectif dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 | 1er janvier 2024 au-delà de 200 lots, 1er janvier 2025 de 50 à 200 lots, 1er janvier 2026 jusqu’à 50 lots | 10 ans, sauf classe A, B ou C |
| Projet de plan pluriannuel de travaux | Immeuble d’habitation réceptionné depuis plus de 15 ans | 1er janvier 2025, quel que soit le nombre de lots | Actualisation tous les 10 ans |
Le PPPT généralisé depuis le 1er janvier 2025
Depuis le 1er janvier 2025, le projet de plan pluriannuel de travaux s’impose à tous les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation dont la réception remonte à plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots. Le calendrier progressif est derrière nous : aucune copropriété ancienne n’y échappe.
Seules l’élaboration du projet et sa présentation en assemblée générale sont obligatoires. Les copropriétaires restent libres d’adopter tout ou partie du plan, de le modifier ou de le rejeter. Une fois voté, le PPPT devient un PPT et engage le syndicat.
Le DPE collectif au complet depuis le 1er janvier 2026
Le calendrier du DPE collectif s’est refermé le 1er janvier 2026 sur les copropriétés d’au maximum cinquante lots. Tout bâtiment d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 doit désormais en disposer. Aucune sanction n’est prévue en cas de défaut, dès lors que la question a été portée à l’ordre du jour.

La dispense de plan pluriannuel, l’argument que personne ne met en avant
Voilà le levier qui justifie un DTG volontaire dans certaines copropriétés. Le syndicat est dispensé de mettre en place un plan pluriannuel de travaux lorsque le diagnostic ne fait apparaître aucun besoin de travaux au cours des dix années qui suivent son élaboration.
La condition est sévère. Une seule ligne de travaux prévue à sept ans, et la dispense tombe. Elle vise donc les copropriétés qui viennent de terminer une remise à niveau complète du bâti et des équipements, toiture, façades, chauffage et réseaux compris.
Pour les autres, l’arbitrage se déplace : DTG ou PPPT. Le premier couvre le second, puisque le projet de plan pluriannuel s’établit à partir de l’analyse du bâti, du DPE et, le cas échéant, du DTG. Une copropriété qui part de zéro gagne à financer une seule étude complète plutôt que deux missions décalées.
Qui peut signer un diagnostic technique global
La mission ne relève pas du diagnostiqueur généraliste. Le professionnel doit justifier de compétences en modes constructifs, équipements techniques, produits et matériaux de construction, appuyées sur un diplôme, un titre professionnel ou une certification équivalente. Bureau d’études, architecte ou thermicien : ces trois profils sont cités par l’administration.
Les deux garanties exigées
Le professionnel doit remplir deux conditions supplémentaires, vérifiables avant la signature du devis :
- attester sur l’honneur de son impartialité et de son indépendance à l’égard du syndic, des fournisseurs d’énergie et des entreprises intervenant sur l’immeuble ;
- justifier d’une assurance de responsabilité civile professionnelle précisant les compétences couvertes.
Le second point piège régulièrement les conseils syndicaux. Une attestation générique ne suffit pas : elle doit nommer les compétences réellement couvertes. Les mécanismes d’assurance des diagnostiqueurs et leurs zones d’ombre sont décortiqués dans notre article sur l’assurance du diagnostiqueur immobilier indépendant.
Autre point : l’indépendance exclut le bureau d’études présenté comme partenaire historique du cabinet de gestion. Mettez trois prestataires en concurrence.
Voter le DTG en assemblée générale sans se tromper de majorité
La procédure se déroule en trois temps, et la majorité applicable surprend souvent :
- le syndic inscrit à l’ordre du jour la question de la réalisation du DTG ;
- les copropriétaires se prononcent sur le principe et sur les conditions de réalisation, à la majorité simple de l’article 24, celle des voix exprimées par les présents, les représentés et les votants par correspondance ;
- le contenu du diagnostic est présenté à la première assemblée générale qui suit sa réalisation ou sa révision, et les copropriétaires décident alors des travaux préconisés.
Une majorité renforcée n’a pas à être recherchée. La troisième étape reste la plus négligée : un DTG livré puis classé sans restitution en assemblée vide la démarche de sa portée.

Combien coûte un diagnostic technique global
Aucune grille tarifaire n’encadre la prestation. Le professionnel fixe ses tarifs librement, et le prix d’un DTG varie donc d’une copropriété à l’autre selon le nombre de lots, l’architecture de l’immeuble, sa structure et sa localisation. Plus la copropriété est grande, plus la facture monte.
Un point de repère existe pour le volet énergétique isolé : selon l’Agence de la transition écologique, le prix d’un DPE collectif se situe entre 1 000 et 5 000 euros. Un DTG, qui englobe ce DPE et y ajoute quatre volets techniques, se situe mécaniquement au-dessus de cette fourchette.
Ce qui fait vraiment varier le devis
Trois paramètres pèsent plus que les autres dans une consultation :
- le nombre de bâtiments et de cages d’escalier, qui multiplie les visites ;
- la présence d’équipements collectifs lourds, ascenseurs, chaufferie, réseaux enterrés ;
- l’accessibilité des locaux techniques et la qualité des archives disponibles chez le syndic.
Une copropriété qui prépare ses plans, ses factures de travaux et ses contrats de maintenance avant la consultation obtient des devis plus serrés et un rapport plus précis.
Qui paie, et sur quelle ligne
Le coût est réparti entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes. Cette charge n’est pas récupérable auprès du locataire : le bailleur la supporte seul, sans possibilité de la refacturer.
Financer le diagnostic par le fonds de travaux
Peu de conseils syndicaux le savent. Le fonds de travaux, obligatoire dans toute copropriété d’habitation dix ans après la réception de l’immeuble, sert précisément à financer l’élaboration du projet de plan pluriannuel de travaux et, le cas échéant, du DTG.
Le montant de la cotisation annuelle obéit à deux planchers, selon la situation du syndicat :
- sans PPT adopté, la cotisation ne peut pas être inférieure à 5 % du budget prévisionnel ;
- avec un PPT adopté, elle atteint au minimum 2,5 % du montant des travaux prévus au plan et 5 % du budget prévisionnel.
Résultat pratique : une copropriété qui cotise depuis plusieurs exercices dispose déjà, sur son compte séparé, de la trésorerie nécessaire à la mission. Voter un DTG ne se traduit donc pas forcément par un appel de fonds exceptionnel.
Le DTG, condition d’accès à MaPrimeRénov’ Copropriété
L’argument financier le plus lourd arrive ici. Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Copropriété, la réalisation d’un diagnostic technique global ou d’un audit énergétique est obligatoire, indique France Rénov’. Sans l’un de ces deux documents, le dossier n’existe pas.
Le dispositif s’applique dans la limite de 25 000 euros de travaux par logement :
- 30 % du montant pour une rénovation atteignant 35 % de gain énergétique ;
- 45 % pour une rénovation atteignant 50 % de gain ;
- bonus de 10 % en cas de sortie du statut de passoire, pour les immeubles classés F ou G atteignant au moins la classe D après travaux ;
- prime individuelle de 1 500 euros pour les copropriétaires modestes, 3 000 euros pour les très modestes.
La copropriété doit avoir été construite il y a au moins quinze ans et être immatriculée au registre national des copropriétés. Ces montants nationaux se combinent aux dispositifs régionaux recensés dans notre panorama des aides à la rénovation énergétique en Occitanie.

Où le document atterrit : carnet d’entretien, vente, acquéreur
Le DTG doit être intégré au carnet d’entretien de l’immeuble, avec la liste des travaux jugés nécessaires, les équipements concernés et l’échéancier recommandé. Le syndic est tenu de proposer un accès en ligne au carnet d’entretien, téléchargeable et imprimable par tous les copropriétaires.
La transmission au futur acquéreur
Au plus tard à la signature de la promesse de vente, le vendeur d’un lot remet à l’acquéreur :
- les conclusions du diagnostic technique global, s’il existe ;
- la fiche synthétique de la copropriété ;
- le règlement de copropriété et l’état descriptif de division ;
- les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales ;
- le carnet d’entretien de l’immeuble ;
- le plan pluriannuel de travaux adopté ou, à défaut, son projet.
Ce paquet documentaire s’ajoute au dossier de diagnostic technique du logement. La liste des pièces exigées côté lot figure dans notre récapitulatif des diagnostics immobiliers obligatoires à la vente.
Sur le terrain, un DTG récent devient un argument de vente. L’acquéreur d’un appartement dans une copropriété sans document technique achète une inconnue, et négocie en conséquence.
Quand la mairie fait réaliser le DTG d’office
L’hypothèse existe et coûte cher. En l’absence de production du DTG dans un délai d’un mois après notification de la demande, le maire ou le préfet peut faire réaliser d’office le diagnostic à la place et aux frais du syndicat des copropriétaires.
Le syndicat perd alors deux choses : le choix du prestataire et la maîtrise du budget. Un syndic qui reçoit une telle notification a intérêt à convoquer une assemblée générale sans attendre l’expiration du délai.
Les erreurs qui reviennent en assemblée générale
Elles se répètent d’une copropriété à l’autre, du Gard à l’Ariège :
- confondre obligation légale et opportunité, et voter un DTG dans la panique alors qu’un PPPT suffisait ;
- accepter un devis sans exiger l’attestation d’indépendance et l’attestation d’assurance nommant les compétences couvertes ;
- oublier la restitution du rapport à l’assemblée suivante, ce qui laisse le document sans suite et sans travaux votés.
Une quatrième, plus insidieuse, consiste à commander un DTG puis un audit énergétique séparé six mois plus tard, en payant deux fois l’analyse du bâti. Les périmètres de l’audit réglementaire sont précisés dans notre article sur l’audit énergétique obligatoire en vente.
Par où commencer dans une copropriété d’Occitanie
Prochaine étape pour un conseil syndical : vérifier la date de réception de l’immeuble et le nombre de lots, puis positionner la copropriété sur les trois échéances du tableau ci-dessus. Un bâtiment de plus de quinze ans sans PPPT est déjà en retard depuis le 1er janvier 2025.
Consultez ensuite trois bureaux d’études sur un cahier des charges identique, avec un chiffrage séparé du DTG et du PPPT. Comptez plusieurs semaines entre la consultation et le rapport, et calez le vote sur le calendrier de l’assemblée générale annuelle. Le fonds de travaux couvre la dépense.